événementiel

Au musée national de Reykjavík, il y a une exposition sur la métallurgie au moyen-âge en Islande. La production de fer était possible grâce à des nodules de fer issus de la dégradation des basaltes. Pour la réduction du métal, l’emploi de bas-fourneaux a été possible en utilisant les matériaux locaux. La structure générale, en colonne, du four était en terre gazonnée. L’intérieur était enduit d’une couche d’une sorte d’argile grise dont je n’ai pas pu savoir son origine.

La production de fer a été pratiqué une grande partie de l’île.

A cette époque et depuis le début de la colonisation au 9è siècle, l’Islande était couverte par de vastes forêts. La température était plus chaude qu’aujourd’hui. La déforestation et le mini âge glaciaire qui débutera au 16è siècle, ainsi que l’élevage des moutons de façon extensive, vont réduire presque à néant la couverture arbustive, telle que l’on voit aujourd’hui.

Lors de la reconstitution, les archéologues ont estimé qu’il fallait 25 kg de charbon de bois pour réduire 10 kg de nodules de fer et obtenir un lingot de 1 kg.

Malheureusement, encore une fois, la qualité du charbon de bois n’est pas évalué. Ou tout au moins ne ressort pas dans les explications. Nous savons que les essences d’arbres carbonisés sont essentiellement des bouleaux. Betula tortuosa, un bois blanc de faible densité. La technique en fosse, qui était celle utilisée, ne permet pas d’avoir une certitude de la densité du carbone obtenue par la carbonisation.

Les fosses semblent être assez petites, une étude pourrait donner des renseignements très utiles sur cette activité de nos charbonniers du grand nord. L’Islande est très pauvre en ressources naturelles, il a fallut aux colons et à leurs successeurs trouver des astuces et des innovations pour produire sans beaucoup de matière première. Là est la formidable capacité d’adaptation des ces femmes et hommes.

Musée national islandais

Litli-Húrtur est le nom d’une colline qui surplombe la fissure éruptive de cette année 2023 dans la presqu’île de Reykjanes, à 40 km de Reykjavík, Islande.

L’activité volcanique est à sa fin d’après les volcanologues, avec un cratère final qui montre de belles projections de lave.

Bien que l’approche soit difficile et réglementée à cause des gaz toxiques possibles mais aussi du comportement d’inconscients qui marchent sur la lave, nous avons tenté le coup et ce fut une belle réussite.

Le cratère bouillonne en permanence avec des projections et des coulées sont visibles tout autour. Elles parcourent différentes distances dans des canaux souterrains et ressortent d’ici de là.

Cette presqu’île en est à sa troisième éruptions en trois ans !! Cela se rapproche de Reykjavík et sa banlieue. Certains commencent à se faire du mourront des installations qui ont vu le jour sur les laves millénaires…

Le mont Keillir, pyramide naturelle, sert de décors majestueux à ces lieux.

Pour la sécurité : https://safetravel.is/eruption-in-reykjanes/

Ouf, nous avons l’autorisation de faire du feu malgré la sécheresse. Aux outils charbonnier et apprentis charbonniers !! Niveler le site, entreposer les 6 m3 de bois et les 2 m3 de terre, il nous faut aussi trouver 100 m de tuyau pour avoir un point d’eau. De la paille, préparer du bois sec d’allumage et d’entretien, des enchantillons (haha ??), des pelles, des râteaux, des seaux et tout un bazar utile et nécessaire. La boisson, les chapeaux, des sièges, un tente abris, deux éléphants et un rond de serviette…

Début des opérations d’aménagement, la semaine prochaine après le 1 mai (manif d’abord).

Cambous est un un site archéologique, proche du village de Viols-En-Laval dans l’Héraut. Ce site est remarquable par son village néolithique, avec des fonds de cabanes bien conservées. Une maison de cette époque a été reconstitué, avec un toit en chaume, qui sont des roseaux de sagnes.

Le lieux sert pour des expérimentations archéologiques en plus de son caractère touristique et patrimonial.

Au mois de mai, du 6 au 13/14, je conduirai une charbonnière d’environ 6 stères. Nous seront toute une équipe, des archéologues, étudiant-es et bénévoles. Le 13 sera la journée Faites de la préhistoire, avec des animations, dont René et ses techniques du feu et Martine la vannière sauvage.

Plus d’informations : https://www.prehistoire-cambous.org/evenements/

L’année va commencer fort avec une exposition sur un autre sujet qui m’est cher. A partir du 1er février, j’aurai le plaisir d’exposer à la médiathèque Albert Camus de Clapiers, 12 panneaux plus une galerie de photographies couleurs sur l’Île d’Enfer. Un roman d’aventures vécues en Islande https://ile-denfer.eu/. Le 4 février, conférence à 18h. Qu’on se le dise !

Cotè charbon, le plus grand rendez-vous sera celui de la charbonnière du mois de mai à Cambous. nous aurons le temps d’en reparler !!

En septembre, symposium des charbonniers européens en Suisse. Achtung Gross réunion, préparée par nos amis allemand.

Allez, bonne année à tout le monde, sans broyer du noir…ou juste ce qu’il faut pour faire de beaux écochars.

LES MÉTALLURGISTES.

Tout ce beau et bon charbon de bois est utilisé par les métallurgistes. Ceux-ci, au grès des envies, pratiquent la réduction, le coulage et autres dans des bas fourneaux ou des foyers puissamment alimentés en charbon et ventilation.

Coulage du bronze.

La métallurgie est la base avant la forge et/ou le travail des métaux. Extraire, la réduction, un métal de sa gangue de roche, laisse rêveur de penser comment les Hommes ont découvert ce principe. Ce qui est sur c’est qu’il a fallu d’abord savoir produire du charbon de bois en quantité.

C’est un travail souvent harassant qui mêle chaleur et patience.

Nico

LES CHARBONNIERS, la meule.

Nous nous sommes retrouvés, charbonniers, forgerons, métallurgistes et autres artisans des savoir-faire ancestraux chez Jean, en Ardèche, comme chaque année en mai.

Il y avait la traditionnelle meule des forgerons et de Jean, une cuisson dans un four métallique et ma charbonnière en fosse circulaire.

J’écrirai un peu plus tard deux autres articles concernant ces deux façons de carboniser.

La meule était plus plate cette année, ou plutôt moins bombée. Recouverte de la terre noire, elle avait un bel aspect. La couverture végétale était non pas de buis mais de ramilles écrasées. Le buis a sérieusement disparu à cause de la pyrale. Montée lors du weekend, l’allumage de la meule a eu lieu le lundi matin. Les bois sont posés sur des palettes, technique mise au point l’année dernière, pour limiter les incuits des bois qui touchent le sol.

Comme on a affaire à des forgeron-e-s, une solide échelle en fer avec une rampe a été construite pour monter au sommet de la meule.

L’allumage est toujours le moment le plus rassembleur. Grosse fumée, photogénique pour les badauds, un peu moins agréable pour celles et ceux qui alimentent le feu.

Le maitre surveille, bien que Krem, forgeron de métier, soit tout à fait capable d’assumer cette cuisson. La passation est en marche, voire effective.

Cette année la meule a fonctionné au turbo, le tirage a été violent. Le fait d’avoir des palettes, donc un plancher ouvert doit influencer sur la conduite du feu. La cuisson a été assez courte, 4 jours et nuits.

Puis dimanche le charbon a été cavé, récupéré. Un peu plus d’une tonne, assez pour alimenter les forges et bas-fourneaux jusqu’à l’année prochaine.

De très bons moments dans un environnement superbe au milieu des vignes du Château de Lancyre et face au Pic-St-Loup.

Les visiteurs avaient un parcours au travers des vignes et de la garrigue. J’étais posté dans une ancienne charbonnière, au sommet d’une colline avec de la Syrah et du Carignan autour.

Les participants arrivaient par petits groupes. Beaucoup ont découvert cette activité de charbonnier et son implantation en garrigue.

Photo Pierre Poser

L’organisation a été au top, gentillesse et compétence, une excellente ambiance.

En amont, avec Pierre et Thibault, mes deux stagiaires en formation COOPDEA, nous avons monté la meule. Une façon pour eux de connaitre encore plus le métier de charbonnier. Quand ils seront au Togo pour mettre en place des unités de charbon végétal, ils seront capable de parler aussi des carbonisations traditionnelles. Et nous avons été aidé par Julien du domaine.

Un petit souvenir en l’honneur de M. Durand, avec qui j’avais partagé de bons moments sur le vin mais surtout avec les charbonniers, émission « Viure al Pays » et dont l’emplacement de cette charbonnière lui tenait tant à cœur.

Rendez-vous le 9 avril à Sanilhac-Sagrie pour la fête de la Réserve Naturelle des gorges du Gardon. Il y a trois ans j’ai restaurer une faulde, emplacement de charbonnière, dans un chemin qui descend au Gardon.

Cette année avec la charcoal team, Nathalie, Martine et René nous reprenons nos activités ensemble. Démonstrations et partage dans les domaines de la teinture végétale, l’art du feu, la vannerie sauvage et le charbon de bois.

Nous ne serons pas seul, regardez le programme ci-dessous.

Merci à Pauline et à son équipe de la réserve, de nous avoir invité pour cette manifestation.

Autre rendez-vous du 14 au 22 mai chez Jean en Ardèche.

Charles Schlosser, charbonnier de longue date et animateur d’un groupe actif de charbonniers en Alsace, vient de sortir un magnifique livre en cette fin d’année.

« Le charbonnier, une longue histoire« , I.D. l’Édition, un livre qui se veut à la fois évocation historique, technique et humaine (sic).

Neuf chapitres qui nous permettent de naviguer dans les différentes facettes de ce dur métier, des techniques de carbonisation et de tout ce que la charbon de bois a généré dans nos sociétés et nos esprits. Légendes et art sont aussi présentés avec, proximité oblige, des textes en allemand.

Je n’ai pas encore eu l’occasion de rencontrer Charles Schlosser, nous avons échangé des messages dans lesquels on se sent en harmonie et je suis très heureux d’avoir un tout petit peu contribué à son livre avec deux photos.

Pour commander ce livre c’est ici : https://www.id-edition.com/collections/lalsace-aux-mille-visages/products/le-charbonnier-une-longue-histoire

Lors de mon séjour aux Pays Bas, j’ai, en dehors de la charbonnière en meule, participé à l’expérimentation de cuissons en fosses.

Silke et Janneke, deux archéologues, ont proposé l’étude de la carbonisation en trois fosses à titre expérimental. Silke est anthracologue, elle étudie les charbons de bois. Ses recherches lui permettent de discerner les différentes espèces végétales carbonisées et aussi si c’est de la branche ou du tronc de l’arbre. Elle a fouillé un certain nombre de fosses, des rondes et des carrées.

Elle voulait savoir comment opérer pour passer du savoir au savoir-faire, en réalisant diverses cuissons.

Deux fosses carrées et une en rond, avec Adrien nous avons proposé diverses manières de conduire le feu tout en respectant les protocoles expérimentaux.

Remplissage première fosse carrée.
Superposition de chêne coupé court et de rondins longs de boulot.
Cuisson

La cuisson a été déclenché par une répartition de braises sur le dessus. Puis quand le feu a suffisamment pris, nous l’avons recouverte de mottes inversées. Les trous de chaque coté ont attiré le feu de carbonisation.

Fosse ronde ou concave. Utilisation de morceaux de chêne. Allumage par le haut.
Cuisson périphérique

Après deux jours de cuisson, la carbonisation était inégale. J’ai alors décidé d’ouvrir et de tout re-mélanger puis de remettre une couche de paille puis terre. Cela a ré-équilibré la carbonisation.

Fin de carbonisation. Fouille pour évaluer le résultat.
Du charbon de bonne teneur en carbone.

La troisième fosse a été conduite en deux axes parallèles mais n’a pas été étudié. Les résultats au point de vue charbonnier sont juste satisfaisants. Le terrain gorgé d’eau a une forte influence sur la répartition de la température. Pour les archéologues, l’expérience est très positive car elles comprennent mieux le processus. L’analyse des taxons va permettre aussi une meilleure compréhension de la répartition des végétaux, de leurs qualités et de leurs grosseurs.

Après rebouchage avec la terre, une coupe permet d’étudier l’impact sur le terrain.

Cette expérience m’a permis de me confronter avec de nouvelles techniques, de rentrer dans la science et de partager savoir et faire. Et mener quatre charbonnières de front dont une de 15 m3 c’est assez unique.

Le défournage s’est vite arrêté car le charbon toujours ardent prenait feu. Le peu que j’ai pu sortir est d’excellente qualité. Par contre le coté sud de la meule est très peu carbonisé, il y a un gros volume de bois, de l’aulne, qui n’a pas pris le feu. Le vent, le terrain spongieux et la terre sableuse de recouvrement ont perturbé ma conduite. Malgré tout je suis heureux d’avoir participé à ce challenge avec la participation d’Adrien et de toute l’équipe des bénévoles.

D’un commun accord nous avons baptisé cette charbonnière : « Janneke », du nom de la jeune archéologue dont c’était l’anniversaire. « Meiler » est meule en hollandais.

Belle de nuit.
Un charbon ardent, très léger et qui tinte.
Charbon d’aulne, une première pour moi.
Un échantillon de l’équipe !!

Dans un prochain article je reviendrai sur l’expérimentation archéologique en fosse.

La semaine est passée et après 6 jours de cuisson j’ai arrêté la charbonnière. Nous devons attendre 2 à 3 jours avant le cavage, le défournage.

La cuisson est ardente à l’intérieur de la meule.
Sous la lune, la meule se déplume !
Fin de cuisson, la forme est optimale.
Au réveil avec …120% d’humidité.
Un timide soleil éclaire la meule.
Et notre ami le héron qui nous a accompagné tout du long du processus !!!

Superbe accueil par Paul Klaasen à Ulft, à l’est de la Hollande. Nous avons posé notre campement dans un champs, entre une ferme et une friche industrielle transformée en lieu d’art. Des lapins gambadent dans l’herbe fraiche, des hérons cherchent le vers de terre et des faucons font le saint esprit avant d’être chassés par les corbeaux, c’est très champêtre…hollandais quoi !

Au travail, 15 stères de bois, env. 10 T et 120% d’humidité….

Adrien, un métallurgiste rencontré chez Jean en Ardèche, m’a invité à une rencontre de charbonniers-ères en….Hollande. Dans la petite ville de Ulft, qui a un passé de fonderie, un symposium sur la métallurgie aura lieu fin Octobre. Les charbonniers nous seront en amont à partir du 15 octobre.

Au programme, la cuisson d’une grande meule et des cuissons en fosse pour des archéologues.

Houtskool maken : faire du charbon de bois !
1200 km de chez moi.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ulft

Pendant les journées de la préhistoire, des ateliers animés par des archéologues ont réalisé des démonstrations de métallurgie et du travail du cuivre. L’activité était dans le site de Cambous à Viols-en-Laval. Ce magnifique site, sous la présence du Pic-St-Loup, comporte un ensemble de cabanes néolithiques avec une reconstitution entière de l’une d’elle. Société Languedocienne de Préhistoire : https://www.prehistoire-cambous.org/

Les archéologues Élisabeth et Simon m’ont demandé de leur fournir du charbon de bois « véritable ». Mon charbon sera utilisé pour les véritables expérimentations.

J’ai fourni du charbon de meule et un gros sac de charbon de fosse.

Le soufflet a deux chambres. Redoutable efficacité en souffle continu.
Préparation du charbon en pré-allumage.
Creuset avec des billes de cuivre.

Dans la grande agence de la banque Landsbankin du centre historique, il y a une exposition des œuvres de Kjarval.

Jóhannes Sveinsson Kjarval est certainement le premier peintre islandais ayant connu une reconnaissance internationale. https://www.wikiart.org/fr/johannes-sveinsson-kjarval

Parmi toutes ses œuvres exposées, j’en ai bien sur repéré deux qui sont exécutées au fusain, kol. Savoir si le peintre a utilisé un charbon carbonisé localement, du boulot, du sorbier ou du bois flotté ???

Ses dessins s’inspirent des paysages islandais, notamment ici de la plaine du parlement, lieu historique à la fois géologiquement et surtout humain puisque le pays a vu le jour entre ces basaltes. Þingvellir, la chambre a ciel ouvert des représentants de la nouvelle nation.

Spectacle sur-réaliste de l’éruption à Fagradasfjall en Islande. Nous y sommes depuis trois jours avec une belle nuit en face du cratère éruptif. Ce décor charbonné, noir comme un tas de charbon en vrac, est illuminé périodiquement par le jaillissement de la lave en fontaines de plusieurs dizaines de mètres de haut. L’activité fissurale s’est concentrée sur une seule sortie. Fantastique !

Note : pour venir en Islande en ce moment, il faut être vacciné ou avoir eu la covid. Il faut les attestations de la première injection et de la deuxième. Un test PCR est réalisé à l’arrivée et on doit attendre son résultat avant d’entrer en contact avec d’autres personnes. Pour les autres c’est quarantaine de 5 jours. https://www.covid.is/fr

Article dans le site des Éclaireurs de Canal +. https://leseclaireurs.canalplus.com/

Extraits :

Bon, la charbonnerie c’est assez nouveau comme définition !!!

Article complet : https://leseclaireurs.canalplus.com/articles/agir/produire-du-charbon-vegetal-en-tondant-sa-pelouse

Cet article oublie de citer notre installation avec fours et séchoir au Jardin de Fontanès. Il permet de faire ressortir le besoin de ressources humaines, de bénévoles actifs, et financières pour développer ces projets.

Au jardin j’ai reçu un groupe d’étudiants, futurs exploitants agricoles, avec qui j’ai partagé la réalisation de cuissons aux fours pour fabriquer du biochar. L’utilisation du biochar intéresse de plus en plus les maraichers.

Discussion sur le biochar autour des fours.
Rangement des déchets végétaux avant cuisson.

Belle semaine de charbonniers chez Jean. Cette année le bois était très sec malgré une météo un peu humide. La conduite de la carbonisation demande une attention plus soutenue car le bois sec accélère le processus. La veille est importante pour stabiliser la descente du feu. De plus le charbon semble plus friable.

Les forgerons métallurgistes ont œuvré, souvent tard !!, en effectuant des réductions de minerai de fer dans des bas fourneaux divers. Feu, flammes, cette création a un coté démoniaque bien sympathique et très attirant.

Merci à Jean et à toutes et tous, pour cette occasion magique de se retrouver malgré le contexte pesant des distanciations obligées.

Pré-cuisson de l’hématite