Charbon végétal

Suite à deux semaines de cuissons d’écochar dans nos fours, nous avons pu réaliser notre première vente d’écochar. Tous les jeudis, Kévin et sa compagne, dans son domaine du Jardin de Fontanès, ouvrent la vente de sa production de légumes et fruits. J’y ai installé un stand avec une vingtaine de sacs de 20 écochars chacun. Les clients qui découvraient pour la plupart l’existence de ce charbon végétal, ont bien voulu tenter l’utilisation de ce charbon. Attendons le retour de tous ces barbecues, symbole encore plus fort à l’heure du déconfinement.

Puis j’ai eu la joie de la visite de Jean, mon ami charbonnier de l’Ardèche. Un réel plaisir d’être « entre nous », charbonniers !

Un bonheur partagé malgré la pluie !
Deux charbonniers ça charbonne !
Ou ça se racontent des histoires de charbonniers !

Jean nous accueillera le 2 octobre dans son mazet pour sa charbonnière traditionnelle.

Les musées et les bars ouvrent, ça déconfine, moi je carbonise !! Le site de carbonisation d’écochar au Jardin de Fontanès a bien évolué. La construction d’un grand séchoir des végétaux permet maintenant de stocker les déchets verts avant leur carbonisation.

Cette semaine et jusqu’au 15 juin, je réalise en parallèle des cuissons dans le grand four et dans le four de démonstration.

Il est pas beau avec sa nouvelle cheminée !!

Et parfois cela donne de très belles compositions :

Le Monde d’Après. C’est parti pour la vente de galettes d’écochar, enfin des barbecues écologiques au charbon végétal et made d’ici (circuit ultra court).

Ya de quoi cuire des merguez..ou des légumes. Ç’est ok pour les végans !

Dans cette période de protection avec un masque, j’en ai bien besoin pour broyer…du charbon. En effet pour fabriquer les galettes d’écochar, nous devons après la carbonisation au four, réduire au maximum en poudre les végétaux carbonisés.

Difficile de trouver l’outil idéal, aussi nous avons eu l’idée d’utiliser un égrappeur ou fouloir à raisin. L’engin acheté d’occasion est extrêmement lourd avec ses deux rouleaux en acier mais d’une bonne efficacité. Aussi pour le déplacer il a fallu lui fabriquer une brouette adaptée.

charbon végétal

L’ensemble est stable, reste plus qu’à tourner la manivelle et le broyat tombe directement dans le récipient ad hoc, une poubelle.

charbon végétal, écochar

La couleur grise du masque montre le besoin de l’avoir pour éviter que la poussière rentre dans les bronches. J’utilise mon masque plusieurs fois, ce n’est pas contagieux…

J’ai la « chance » d’avoir chez moi l’atelier de fabrication de l’écochar, ce charbon reconstitué en galette. Ainsi je presse chaque après midi le mélange de liant et de déchets végétaux carbonisés. le stock se constitue petit à petit et aux beaux jours, après l’alerte si tout va mieux, nous pourrons nous retrouver autour de barbecues festifs.

A la sortie de l’hiver, la taille des haies et le nettoyage des jardins vont produire un grand volume de déchets végétaux. Le brulage de ces végétaux est aujourd’hui très réglementé et interdit dans la plupart des cas. Les périodes autorisées sont très courtes et totalement prohibées en été. La peur des incendies mais aussi la diffusion de particules fines dans l’atmosphère réduisent nos possibilités de ce débarrasser de ces déchets. Les stations de recyclage croulent sous les volumes et la transformation en compost ne suffit pas a absorber cette (bio)masse.

Faire pousser c’est aussi arracher et couper.

Notre activité de production de briquettes charbon « écochar » répond à cette problématique tout en valorisant ces restes sans valeurs.

Notre site expérimental de fabrication d’écochar dans les Jardins de Fontanès est opérationnel pour produire les briquettes. Nous l’améliorons en construisant un séchoir de grande capacité.

L’atelier de production avec une nouvelle presse.

ÉCOCHAR PIC-ST-LOUP, le charbon responsable !

La production de briquettes de charbon, dites écochar, à partir de sous produits végétaux doit être considérée comme une alternative écologique.

Un charbon écolo

Notre action première a été de nous intéresser aux problématiques de l’accès à une énergie domestique pour les populations vulnérables qui utilisent quotidiennement du charbon de bois dans leurs cuisines. Cette utilisation à grande échelle génère un certain nombre de problèmes liés à la santé et à l’environnement. Charbon faiblement carbonisé, émettant un fort taux de goudrons qui se déposent sur la nourriture et qui sont inhalés. Les coupes de bois trop répétitives provoquent une déforestation même dans les mangroves.

Un charbon solidaire (Togo)

Le procédé en four à récupération des gaz, gazogène, optimise la carbonisation et garantie un taux de carbone élevé de l’ordre de 80% minimum.

L’utilisation des végétaux sans valeurs commerciales et quasi sans origine ligneuse (bois) permet d’accéder à une réserve de matière première pas ou peu exploitée.

Mais qu’en est il pour nos usages occidentaux où le charbon de bois est associé à un moment de détente autour d’un barbecue. La consommation de charbon de bois est de plusieurs centaine de tonnes/an. La France produit un tiers de sa consommation et importe le reste. L’origine des charbons de bois manque de clarté car ils transitent souvent par des intermédiaires. La lutte contre les coupes d’arbres en pays tropicaux est difficile. L’origine des bois utilisés et les conditions de travail, surtout celui des enfants, n’apparaissent pas clairement dans les déclarations des entreprises importatrices.

L’écochar, briquette de charbon végétal agglomérée, a donc sa place dans nos sociétés modernes. C’est pour ça que nous avons construit un site de carbonisation, dans un premier expérimental, et qu’un projet en cours d’un site plus élaboré va bientôt fonctionner dans la commune de Sainte Croix de Quintillargues.

Un charbon technologique et associatif

Avant de mettre en place une SCIC, société coopérative d’intérêt collectif, dans laquelle tout un chacun pourra participer, nous voulons renforcer notre association COOPDEA. Si la coopération internationale et régionale vous intéresse, bienvenue !

Contact COOPDEA https://coopdea.org/contact/

Écouter l’émission de Philippe Bertrand « Carnets de campagne » à 12:30, du 10 au 14 février ( j’ai pas la date exacte), j’ai eu le plaisir d’y être invité.

Nous avons réalisé la première cuisson avec notre four en terre.

L’ensemble des végétaux et la terre étaient gorgés d’eau suite aux grosses pluies. Malgré tout nous avons pu démarrer le feu qui a pris un peu de temps pour sécher l’ensemble.

Nous avions rempli le fût à moitié pour ce premier test. La chaleur a été extrême jusqu’à amollir le tube de cuivre du récupérateur des gaz.

Au final la cuisson c’est bien déroulée, les végétaux sont totalement carbonisés. L’injection des gaz récupérés était si forte que les flammes étaient à 10 cm des injecteurs.

Nous avons a modifier qqles parties du fût pour optimiser la manipulation.

Cette cuisson est parfaite, la série peut commencer.

C’est du bon !!
Extraction du fût
Le stock de végétaux

Avec l’ONG COOPDEA, je continue la recherche et l’expérimentation de techniques de carbonisation adaptées aux pays à faibles ressources. La capacité de nos fours gazogènes étant limitée à 60 l, nous lançons un programme de construction d’un four de 200 l.

Notre objectif est de développer des capacités supérieures de production de charbon végétal à chaque cuisson. Cette réflexion fait suite à une demande de mise en place d’un centre de production dans un camp de réfugiés de 15 000 personnes.

la base du four reste le fût métallique de 200 L qui est le contenant le plus facile à trouver quelque soit l’endroit. Il sert cette fois de chambre de carbonisation, ce qui multiplie par 3 la capacité de matière végétale à carboniser (vs 60 L).

Le fût est placé dans un four en terre argileuse. La technique de construction est celle d’une multi couches de terre-paille, terre-sable. Des matériaux disponibles partout.

Nous sommes accueillis dans le magnifique jardin potager de Kevin « Les Jardins de Fontanés »

Voilà les beaux jours qui arrivent et l’envie de glace avec. Après le pain, les pizzas et le dentifrice, les ice cream prennent la teinte noire.

Au marché du Lez, à Montpellier, une carbo glace a pris sa place entre fraise et pistache.

Le charbon est noir !!!

Il existe en Islande des glaciers qui sont tout noir. Glace blanche, glace noire, je posterai bientôt une photo d’un de ces glaciers. C’est bientôt mon départ annuel vers cette île.

Bonne dégustation et bon été !

Une certaine mode envahit le monde parfumé des cosmétiques. Du charbon dans tous les produits, gélules, crèmes et autres onguents. J’ai acheté un dentifrice qui sent bon la menthe et qui est noir. Il est écrit sur la boite que ce produit noir me rendra les dents plus blanches. Le ying et le yang.

Pour compléter ma panoplie, j’ai aussi acheté, en pharmacie, une belle brosse à dent toute noire. Elle aussi est au charbon.

Charbon? actif, activé, voire super activé ou végétal, le charbon ne broie plus du noir tellement il est demandé.

Le principe physique du charbon actif est l’absorption des gaz. Sa principale utilisation a été dans les masques à gaz au cours des guerres mondiales. On le trouve aujourd’hui dans tout autre type de filtre ( hotte de cuisine, etc …). Une petite gélule de Belloc avalée avec un grand verre d’eau est de loin le remède le plus efficace pour supprimer tous les gaz non conviviaux qui encombrent parfois nos intestins.

Pourquoi ça? Lors de la carbonisation, le complexe bois se transforme en carbone. La structure interne reste telle quelle, c’est à dire avec tous les vaisseaux qui parcourent le duramen et l’aubier. Mais des poussières obstruent ses tuyaux. Par une nouvelle sur-carbonisation, entre 600° et 1000°, avec de l’eau ou d’autres produits, ces poussières sont éliminées. L’espace libéré est phénoménal, 1 cm3 de charbon actif à la même surface qu’un terrain de foot. D’où la grande capacité d’absorption de ce charbon.

Le charbon végétal, dit aussi biochar, agrichar est issu de végétaux non ligneux (le bois) comme les herbes, les feuilles voir les écorces. Moins carboné que le charbon de bois, il peut contenir jusqu’à 80% de carbone. C’est ce que nous pratiquons au sein de nos associations, ALTIMARA et COOPDEA, avec les briquettes d’écochar pour les pays en voie de développement.

Le charbon végétal est donc aujourd’hui utilisé « activé » comme le charbon actif. Cela permet certainement de réduire les coûts des matières premières ainsi que les transformations car il est plus facile à réduire en poudre.

Reste un souci dont j’attends la réponse. J’ai posé la question à l’un des fabricant de ces produits. Comment ces complexes qui mélangent du charbon activé et des molécules autres (Myrtille, curcuma, etc) peuvent à la fois absorber et diffuser, cela me semble incompatible. Nous le comprendrons quand j’aurai la réponse.

En attendant, la magie du charbon continue de s’exercer et tous ces produits peuvent être de petits cadeaux de Noël originaux.

Joyeux Noel

tout blanc

tout noir !

Mon petit cadeau est la mise en ligne de mon autre passion l’Islande: http://ile-denfer.eu/