Le sud de l’Islande est bordé par une longue plage de près de 200 km. Le sable est noir, résultat d’une multitude d’apports de matériaux, essentiellement des coulées de boues dont le volcan Katla est un grand pourvoyeur. Les fleuves apportent en continu des limons et galets, rares sont les rivières d’eau claire car elles charrient cendres et scories dans des eaux aux teintes grises. Depuis la fin des périodes glaciaires, l’île se soulève libérée de la masse des glaces qui ont fondu. La remontée de ces montagnes éloigne la côte dans ce long linéaire ondulant qui forme cette frange sud.

Les plages sont immenses, constamment battues par les vagues qui apportent toute sorte de « laisse de mer ». Parfois des bateaux, souvent des bois, des troncs qui ont longtemps navigué et malheureusement aujourd’hui tout un tas de détritus liés à la pêche.
Bois venant principalement du nord est, de Sibérie et nord Scandinavie. Mais aussi du sud, transporté par le Gulf Stream depuis le golfe du Mexique.

Dans les temps anciens ces bois flottés avaient une grande valeur, surtout pratique car ils servaient pour de nombreux usages, objets de la vie courante, meubles et maisons ou pièces de bateau. Aussi il n’y a guère de référence de son exploitation en charbon de bois.

J’avais eu l’occasion de tester la carbonisation de ce bois voyageur. Avec un résultat surprenant par sa qualité et sa facilité d’utilisation.
Premier test, le barbecue. Côtelettes d’agneaux, l’allumage est ultra rapide, la cuisson homogène, nous nous sommes régalés ! Des cendres sont d’un beau orangé-rouge certainement du au sel accumulé par ces bois navigateurs.



La carbonisation en auto gazogène fonctionne plein pot (Prochain article sur la carbonisation). Le charbon quoique très léger tinte comme du cristal et il est bien noir. Si les pins ou résineux sont la majorité des bois échoués il est difficile de déterminer leur nature à tous.
Nous avons profité d’un très beau temps en ce mois de mai pour carboniser deux gros sacs de restes de bois. Les fermiers utilisent encore ces bois, très résistant à la pourriture, pour faire des piquets de clôtures.

Le lieu magique de la ferme, l’accueil si amical de Kidda et Siggi et cette plage incroyable donnent à ces moments de carbonisation, une autre dimension au charbon de bois, charbon de la mer, charbon pélagique, étonnant.

























































































