Charbonnier du Monde

Beau travail à Macenta, dans l’est de la Guinée Conakry, où mon fils Antonin a rejoint le groupe de travail écochar.

Le système du four à récupération des gaz a été rapidement remanié avec plusieurs améliorations.

Doublage du grand tonneau, avec une tôle à l’intérieur où le vide laissé et bien rempli par de la cendre. La cendre est un bon isolant.

Fabrication par un artisan local du petit tonneau intérieur. Puis mise en place d’un tuyau qui prend directement les gaz sans passé par l’extérieur du grand tonneau. Une belle innovation, très pratique.

Les premières cuissons donnent un excellent résultat en poudre de charbon.

Félicitations à toute l’équipe. La production d’écochar sous forme de briquettes va pouvoir se développer  et le projet devenir concret.

 

Me voilà de retour dans la lointaine île du nord, l’Islande.

Premier contact avec le charbon de bois. Un retour sur les dernières charbonnières pratiquées dans la région de Skatafell. Cet endroit est aujourd’hui un parc national très couru par les touristes. Faut dire que le site est superbe avec les langues glaciaires et les montagnes découpées. Dans le parc même, une ancienne ferme « Sel », rappelle la présence de ces solides fermiers qui loin de tout, ont réussi a vivre et fabriquer ce dont ils avaient besoin. Il y a une mini centrale électrique qui a alimenté cette ferme bien avant que l’électricité soit accessible de partout en Europe.

Dans les années 50, ces fermiers ont réalisé l’une des toutes dernières charbonnières d’Islande. Le bois provient des petits bouleaux tortueux. La technique est simple, entassement du bois, mise en feu et quand le feu est suffisant ils recouvrent le tout de tapis végétal. Le rendement devait être assez faible. Mais le besoin pour la forge, donc l’outil, était ainsi satisfait.

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La ferme de SEL

Le projet de fabrication de briquettes de charbon végétal en Guinée est sur les rails. Une équipe se charge de la production à Macenta (rappel, c’est là que l’épidémie ébola avait commencé…) Un deuxième four est en construction.

Dans cette première phase, la recherche de qualité des briquettes est l’objectif. Il faut qu’elles soient nettement plus performante que le charbon de bois local pour éveiller de l’intérêt des utilisateurs, les cuisinières en général.

Les tests donnent de bons résultats. Ébullition en 30′ de l’eau. Satisfaisant mais a améliorer.

Avis: les dons et aides financières sont bienvenus pour ce projet.

 

Le président de l’association COOPDEA, Raymond Kamano, a donné une interview au média guinéen GUINEEMAIl, sur le projet ECOCHAR. La transformation des déchets végétaux issus de la collecte des ordures est l’une des priorités de ce projet. Bravo à tous celles et ceux qui s’activent pour porter le projet de COOPDEA.

L’article en entier ici: Guinéemail

 

Le Père Noël a apporté un petit objet assez particulier. Venu du Japon, ce pays où la tradition est fondamentale, où le travail du charbon de bois est toujours important et où la carbonisation est poussée aux extrêmes.

Les charbonniers de la région de Kishu, zone montagneuse pas très loin de Kyoto, poussent leurs cuissons à plus de 1000°. Le processus est en plusieurs étapes. Au final le charbon est libéré de ses poussières et devient actif. Beaucoup d’autres qualités se dégagent de ce fabuleux charbon qui a entre autre la particularité d’être « blanc » en surface. Sa dureté exceptionnelle permet aussi d’en tirer des bijoux ou des objets variés. Ce n’est pas du diamant, quoique en diamant noir, il préfigure ce cristal, son nom Binchotan.

Dans tous ces objets, l’un m’a conquis, la brosse à dent au Binchotan. Les poils sont enduits de ce charbon actif.

Des dents blanches avec une brosse noire.

Une adresse pour en acheter, il en existe d’autres, à chacun son choix. http://horace.co/fr/dents/horace-binchotan-toothbrush

12039617_473223816213736_6462458700753161519_nIl existe tout un tas de techniques pour fabriquer des « briquettes » ou « galets » de charbon de bois à partir de poudre de charbon.

Il faut avoir un stock de charbon végétal assez conséquent pour produire, à l’échelle artisanale, une quantité suffisante qui soit rentable.

La matière première, celle qu’il faut carboniser, est importante en Afrique tropicale. J’ai vu dans une vidéo internet, l’histoire poignante d’enfants qui ramassent la poussière de charbon tombée des sacs dans les marchés. Ils vendent ces poussières aux fabricants de galettes. Hormis le fait que cette histoire est pathétique pour les enfants, elle montre que la perte de charbon est assez importante pour en permettre un usage. Cela rappelle que la déforestation se retrouve dans toute la chaine d’exploitation, même dans les infimes poussières perdues, car si dans ce cas elle est ramassée ce n’est pas le cas de partout (et les enfants doivent avoir une autre vie que celle là). Donc plus la perte est importante et plus il faut produire en amont pour compenser.

Un autre élément est la qualité qui peut être très moyenne des charbons de bois produit à partir d’arbres. Si la cuisson n’est pas assez complète, le taux de carbone va se limiter de 70 à 75 %. Le bois carbonisé ressemble à du charbon de bois mais il reste au pire 30% de bois. Ce pseudo charbon s’enflamme facilement ce qui facilite la vie des cuisinières. Malheureusement les résidus d’hydrocarbures trop importants vont contaminés la nourriture et produire beaucoup de fumées. La puissance calorifique est moindre et la tenue dans le temps bien plus courte. Pour les forgerons c’est aussi un handicap.

Si des charbonniers fabriquent du charbon avec ces temps de cuissons courts, au delà d’un manque d’expérience, c’est pour produire plus rapidement des grandes quantités. Aussi ils sont un facteur de destructions des forêts car ils ont besoin de plus de bois qu’il ne faudrait pour obtenir la même puissance calorifique qu’avec un charbon, à 85% ou +, de carbone, plus performant.

Le charbon végétal est une réponse à cette perte car il se « nourrit » de restes perdus et si il est fabriqué dans les normes, avec récupération des gaz donc avec un excellent taux carbone, il peut compenser les coupes de bois inutiles. De plus les galettes produisent moins de poussières du fait de leurs agglomérats.

ONG:COOPEDA

Les galettes finies

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Des outils simples, le « Galetteur »

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12039617_473223816213736_6462458700753161519_nSuite à sa mission avec la Croix Rouge à Macenta, en Guinée Conakry, pour la terrible épidémie d’Ebola, mon fils Antonin a gardé des contacts positifs avec des acteurs de terrain guinéens. Regroupés dans l’association (ou ONG) COOPEDA, ils développent des programmes d’autonomie énergétique, dans le solaire principalement.

Le charbon de bois étant l’une des ressources d’énergie domestique majeure en Afrique, COOPEDA,  structure luttant par définition pour un mieux vivre, s’y intéresse. Comment implanter un mode d’action simple, efficace et valable pour la production de charbon en complément de ce qui se fait déjà? L’objectif est d’améliorer le quotidien de chacun avec des moyens locaux tout en créant des solutions favorables à une gestion équilibrée de la nature environnante. La rentabilité est aussi un facteur primordial pour permettre de créer des emplois et des revenus indispensables aux fonctionnement.

L’idée est d’utiliser ce qui n’a aucune valeur car considéré comme déchets ou ordures dans le cadre des végétaux.

Il n’existe pas pour l’instant de collecte réelle des déchets. Ceux liés aux restes végétaux comme les feuilles de maïs, les peaux de fruits ou les laissés de coupes de bois sont importants. Ils existent dans d’autres pays des expériences de ce genre qui démontrent la faisabilité de transformer les ordures végétales sèches en charbon.

Le « biochar » est l’une des applications de ce matériau, principalement tourné vers l’agriculture. L’introduction dans les sols permet une meilleure production des légumes cultivés. Mais il semble que dans des terrains riches, la performance est moindre.

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Le terme de « charbon végétal » est tout à fait approprié à ce genre de produit. Issu de « sous morceaux » de végétaux, il désigne tout ce qui dans les plantes n’est pas utilisable comme bois. L’origine des ces sous morceaux est infini tant en urbain qu’en rural. Coupes, tailles, épluchures sont de partout.

Ce programme CV, Charbon Végétal, va de la collecte à la production de galettes de charbon de bois. Les différentes étapes passent par les fours et les moules à galettes. Je vais au fur et à mesure de la progression du projet mettre des articles dans mon blog.

ONG: COOPEDA

Le four à récupération des gaz qui a déjà bien servi pour Lo Garou

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Direction Toronto, au musée Bata, pour le démontage de l’exposition « Empreinte ». Rappel des posts précédents, la suspension d’art « Empreinte » est composée de plus de 200 formes à chaussure carbonisées (les formes en bois pas les chaussures). Quoi de plus naturel que d’être dans le grand musée du fabricant de chaussures, The Bata shoe Museum.

Toronto est dans l’Ontario, et c’est au Québec évidemment qu’on trouve un joli délire sur les charbonniers. Une bière de la brasserie « Dieu du Ciel » qui se prénomme « Charbonnière ». Ils la produisent plutôt à l’automne mais j’espère en trouver sur place dans le froid glacial qui m’attend…Vu les Créateurs ce doit être du jésus en culotte de velours.

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Par contre ils ont une image de la charbonnière qui brule un peu fausse. Saint Christ! Tabernacle!

Trouvé au hasard des balades, des indicateurs d’utilisation du « carbone di ligna ».

Un superbe fer à braise, pendu sur un mur avec plein d’objets usuels. La rouille, boostée par les embruns de la mer, transforme cet objet domestique en œuvre d’art.

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Dans l’extraordinaire musée des antiquités de Syracuse, au milieu de milliers de poteries dont des superbes cratères grecs, un petit vase à la forme spécifique est un bruleur en terre cuite « foculo de terracotta » 450-400 a J.C.. musée Syracuse

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Une photo des innombrables férules qui poussent un peu de partout dans les iles éoliennes et en Sicile. Mon ami René l’utilise pour ses démonstration des techniques d’allumage du feu. En effet cette plante peut servir, quand elle est sèche, d’allumeur au même titre que l’amadou. Le poète Hésiode explique dans sa théogonie que Prométhée déroba le feu aux dieux grâce à une tige de férule, allusion à ses priorités combustibles (in Wikipedia).

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Vu sur l’ile d’Alicudi (une petite merveille), une haie réalisée avec des bout de tiges de férule.

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Je reviendrai un peu plus tard sur le mouvement des Carbonari, société secrète, qui a eu quelques importance dans les temps passés.

Che figata Sicilia!