événementiel

Belle semaine de charbonniers chez Jean. Cette année le bois était très sec malgré une météo un peu humide. La conduite de la carbonisation demande une attention plus soutenue car le bois sec accélère le processus. La veille est importante pour stabiliser la descente du feu. De plus le charbon semble plus friable.

Les forgerons métallurgistes ont œuvré, souvent tard !!, en effectuant des réductions de minerai de fer dans des bas fourneaux divers. Feu, flammes, cette création a un coté démoniaque bien sympathique et très attirant.

Merci à Jean et à toutes et tous, pour cette occasion magique de se retrouver malgré le contexte pesant des distanciations obligées.

Pré-cuisson de l’hématite

Louis Salvi a été mon maitre charbonnier, c’est grâce à lui que j’ai pu acquérir ce savoir faire. C’était lors d’un beau printemps…

Une petite histoire:  » il était une fois une magnifique manifestation dans le village de Sainte-Croix-de-Quintillargues. Tous les ans, les dynamiques bénévoles, autant de femmes que d’hommes, transformaient le village en une immense vigne. La taille, savoir faire indispensable et précis, de la vigne était l’enjeu des animations. Pendant huit ans, les sécateurs taillaient dans les mains des animateurs et des participants de plus en plus nombreux qui voulaient acquérir le geste. La vigne est partout ici, le vignoble du Pic-St-loup est le plus réputé, c’est chez nous. « 

Janot à la taille, Lou Gabel

La vigne c’est bien, il y a du bon vin mais tout autour le paysage est fait de garrigues. Les garrigues forgées par le feu et le mouton. Et dans ces bois malingres nombres d’artisans du feu ont développé des savoir faire dont certains remontent aux premiers âges des métaux.

Les charbonniers en sont, pas de métallurgie et d’objets en cuivre, en bronze et encore moins en fer sans charbon de bois.

La fabrication du charbon de bois a intégré notre manifestation « Lou Gabel », avec la plus belle des présences, celle d’un Ancien, Louis.

Louis, démonstration de portage à la chèvre.

Nous avons aidé à la mise en place de la charbonnière, tout en découvrant cette activité, et nous avons partagé avec Louis le bonheur de cette cuisson.

L’année d’après, en 2002, Louis réalisera sa dernière cuisson et me donna le pieu central de la meule de bois, geste de transmission du savoir et du savoir faire. C’était à moi de continuer la tradition. Nous l’avons magnifié en équipe en créant et animant le festival des charbonnières « Lo Garou ».

Les jeunes padawans.
Cavage !
Une belle réussite, un vrai savoir faire.

J’ai eu le plaisir d’être invité par Philippe Bertrand, l’excellent animateur de l’émission « Carnets de Campagne » sur France Inter, le lundi 10 février 2020.

Nous avons partagé notre attrait commun du monde des charbonniers… Philippe a un ancêtre charbonnier et parler des projets « écochard » (voir ci-dessous) avec l’ONG COOPDEA.

Un moment très plaisant !

A réécouter ici: https://www.franceinter.fr/emissions/carnets-de-campagne/carnets-de-campagne-10-fevrier-2020

Cette émission me donne l’occasion de partager nos projets avec des auditeurs. Ces personnes ont aussi de beaux projets ou des réalisations en cours. J’espère que d’autres personnes prendront le temps d’échanger avec moi. Contact: altimara@altimara.eu

Voilà une BD originale, sans texte et très graphique et qui interpelle le charbonnier que je suis. C’est l’oeuvre d’un certain Max, catalan barcelonais, auteur de bandes dessinées. Sa BD m’a été offerte à Noel et elle ne me laisse pas indifférente.

D’abord le titre « Roi Charbon ». Serait il le Grand Chef des charbonniers, un Carbonari Grand maitre, non, c’est un petit bonhomme, mi humain, mi animal avec un grand nez-bec fort pointu.

Ce personnage résonne d’un vieux conte antique, une histoire écrite par un romain prestigieux, Pline l’ancien. Celle-ci raconte comment une jeune femme éprise d’un jeune homme qui va partir à la guerre, trace le contour de son ombre avec un morceau de charbon de bois.

L’éditeur parle d’un « flux hypnotique et ininterrompu ». Moi j’y vois la continuité des gravures de l’art pariétal mises en mouvement. Les bisons de Niaux, les lions de Chauvet, s’animent et racontent leurs histoires, ou peut être celles des dessinateurs de la préhistoire qui à la lueurs vacillantes de leurs feux devaient voir bouger les animaux sur les parois.

Max, maitrise avec brio le développement de cette histoire quasi sans texte, ce qui donne envie dès le début de la lecture d’aller jusqu’au bout.

ROI CHARBON, Max, 2019, éditeur RACKHAM

Balade au sentier des charbonnières avec un groupe « Espoir Hérault ». Cette association soutien la création de résidences accueil pour les personnes en situation de handicap psychique stabilisé.

Nous étions une quinzaine d’accompagnants et résidents. Le départ au terrain de boules du village de Sainte Croix de Quintillargues, s’est fait sous un beau soleil. J’ai commencé la visite par l’histoire de l’église fortifiée puis arrivé au mas du Greffier, nous avons découvert la garrigue.

La suite de la visite s’est déroulée dans cet ordre:
Introduction à la répartition des terrains en fonction de leurs usages, agriculture – parcourt brebis – bois,
notions de garrigues, milieu ouvert anthropisé; feux et surpâturage, plantes odorantes, piquantes et toxiques,
premier contact avec un vestige d’activité, un emplacement de four à chaux,
début du chemin en pente,
première charbonnière, reste de cabane,
deuxième charbonnière, four métallique de la seconde guerre mondiale,
troisième charbonnière avec cabane reconstituée,
pique nique face au Pic st Loup,

Merci à Nathan pour les photos


explication de la vie des charbonniers et techniques de carbonisation à la meule. Démonstration de carbonisation au tube à essai et dessin au fusain,
four à chaux expérimental reconstitué en entier et en attente de calcination,
four à chaux mis en valeur suite à sa fouille. Four creusé dans le rocher en partie. Explication du procédé de calcination,
retour avec arrêt à une lavogne,
gouter offert par l’association Espoir Hérault sur la place de l’église.

Encore une fois ce fut un véritable plaisir de guider un groupe dans ce sentier. Ces personnes en handicap ont été à l’écoute et surtout ravi de cette sortie. L’activité charbonnière est un excellent support dans ce contexte pour ces publics dont les participants trouvent là un sujet hors du commun qui les interpellent.

Je suis disponible pour continuer ces sorties – balades en handisport ou « handi-culture ».

Senteurs et Couleurs de la Garrigue à Montoulieu, une journée dense avec une forte présence de public. Les organisateurs avaient mis en place un bel ensemble d’exposants et d’animations.

J’avais construit deux charbonnières. Une en coupe pour montrer l’intérieur et surtout le montage autour du piquet central. Beaucoup de visiteurs ont apprécié cette vue qui révèle la structure interne de la meule.

Des gros bœufs Salers, tout noirs, imposants comme des Aurochs, tournaient devant moi. Une montgolfière montaient et descendait avec un jolie bruit de tuyères à feu. Les animations nombreuses battaient leur plein et la mienne n’a pas désemplie de la journée. « Qu’est ce que c’est? », « j’en ai vu de plus grosse!!! », « waouh c’est chouette! », « je ne connaissais pas du tout! », le monde charbonnier est un mélange de Ceux qui ont en vu dans leur jeunesse ou que le papa en a été, et Ceux qui n’en ont jamais entendu parlé. Ainsi j’ai pu discuté et échangé avec plein de personnes, curieuses, intéressées ou témoins d’un temps qui commence à s’oublier.

La meule en feu a eu un peu de mal a prendre le rythme de la carbonisation. Faut dire que les jours avant, la pluie avait détrempé l’ensemble. Mais une fois partie, elle a fait son effet et bien fonctionné. J’ai eu beaucoup de mal a l’arrêter le soir.

La meule en coupe, très bon support pour les explications, est vraiment intéressante pour ce genre de manifestation grand public. Le mystère de la meule recouverte de terre qui fume à coté, qui parfois n’est pas très compréhensible, se mue en la chose extraordinaire que c’est, un four à pyrolyse, tout est compris.

Une belle manifestation, merci aux organisateurs et j’espère à l’an prochain.

Rendez vous le 11 novembre à Montoulieu (à coté de la grotte des Demoiselles) pour la fête Couleurs et Senteurs de la Garrigue.

Ce sont les 20 ans du comité des fêtes, avec un programme qui reprend les meilleures animations des éditions précédentes. Pour celles et ceux qui veulent s’envoyer en l’air il y aura une montgolfière.

Je présenterai une charbonnière en coupe pédagogique et une charbonnière en cuisson. Deux pour le prix d’une, à ne pas rater !

J’avais eu l’occasion de voir le site des fours métalliques dans le forêt des Baumaises de la commune de St Guillaume (http://www.altimara.eu/blog/?p=2926). Ce village est au pied du Vercors, à coté du Mont Aiguille.

Ces fours ont été utilisé comme partout en France pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ce sont des jeunes enrôlés dans des chantiers de jeunesse qui ont fait fonctionné ces marmites de 1940 à 1943.

Je suis rentré en relation avec l’un des organisateurs, M. David Piccarreta. David m’a envoyé un livret qui décrit leurs activités avec une cuisson en 2010. L’utilisation d’un four Magnien d’origine est assez unique. C’est la chance des cette équipe dynamique.

extrait du livret

Ils ont refait une cuisson, ce samedi 31 août, à laquelle je n’ai pu assister faute de disponibilité. Voici des photos très démonstratives de la mise en place. Dès que j’aurai celle de la cuisson, je les mettrai aussi en ligne.

Bravo à cette équipe, en espérant les rencontrer une prochaine fois.