Charbon de bois

Rendez vous les 27 et 28 avril à Caveirac, pas loin de Nîmes, dans une garrigue magnifiée, pour une nouvelle cuisson de charbonnière. J’ai répondu avec plaisir à l’invitation du président de l’association pierres sèches et garrigue de ce village.

Divers aspects des métiers et caractéristiques des garrigues seront présentés en même temps. René, le grand spécialiste du feu, animera son fameux atelier des techniques d’allumage du feu. Nathalie aura un atelier de teinture végétale et Martine créera de la vannerie avec des tiges d’oliviers.

Bienvenue

la liste des intervenants est grande, de belles journées en vue.

Bienvenue à toutes et tous ceux qui veulent profiter de ce moment pour apprendre à « conduire le feu », c’est à dire « carboniser ».

À la demande de Pauline, conservatrice de la Réserve Naturelle Régionale (RNR) du Gardon, qui dépend du Conservatoire d’espaces naturels / Languedoc Roussillon, j’ai dirigé un chantier de restauration d’une loge charbonnière dans les gorges du Gardon.

Cette rivière, le Gardon, est très connue par le célèbre Pont du Gard qui l’enjambe. En amont de ce bel ouvrage antique, la rivière le Gardon coule tranquillement dans les méandres de splendides gorges assez profondes. De l’eau, des grottes et de la garrigue, le lieu a été largement exploité par les hommes depuis fort longtemps et l’activité charbonnière est très présente.

Dans sa mission de valorisation du site, la RNR aménage un sentier de découverte au lieu dit « la Baume ». Dans le parcours il y a une plateforme charbonnière qu’il fallait valoriser, d’où ce petit chantier de réhabilitation.

La loge, sans vestige de cabane ce qui est rare, se situe dans la descente vers la rivière, juste en bordure d’un chemin qui pendant très longtemps a été un axe de passage via un gué d’une rive à l’autre.

Un emplacement un peu perdu dans la forêt…

Durant les deux jours du chantier, nous étions en équipe mixte avec des techniciens du Conseil Départemental 30, Pauline et moi.

Dans un premier temps il nous a fallut remonter le muret de soutènement extérieur et couper la broussaille. Puis nous avons mis en place un escalier avec de grosses pierres et enfin niveler l’aire de charbonnage. La chance a été de trouver sous une bonne épaisseur de colluvions, de la terre noire en partie organique mais aussi et en partie issue de poussières de charbon.

La faulde, aire de charbonnage, est plus grande que celles que l’on trouve habituellement dans nos garrigues. D’un diamètre d’environ 7 m, elle a pu supporter de grosses meules. Les arbres, dans cette partie un peu fraiche, poussent très bien et donne un plus grand volume de bois que dans les parties sèches.

Cyril du CD30 et enfant de la région, nous a indiqué qu’il existe un grand nombre d’anciennes charbonnières dans les combes basses qui débouchent dans les gorges. Une noria de barques permettait le transport du charbon et d’autres matériaux via la rivière.

Voilà le résultat avec le bel escalier au fond.

Il est toujours agréable de voir un endroit abandonné reprendre vie, et spécialement en garrigue où c’est quasi immédiat. C’est le genre d’intervention que j’apprécie fortement, agréable et dans un lieu superbe, plein de patrimoine vernaculaire. Nous avons formé une équipe efficace et sympathique, merci à toutes et tous.

Inauguration du sentier avec panneaux et livret explicatif cet été. Départ de la rando au village de Sanilhac-Sagriès (à proximité d’Uzés).

les gorges du Gardon

Le 24 janvier à 18h30, j’aurai le plaisir de parler des charbonnières à l’invitation de l’association Pierre sèche et Garrigue Caveirac. Mon ami René interviendra aussi pour les techniques d’allumage du feu.

Caveirac est une petite commune du Gard, entre Sommières et Nîmes. L’association est très active dans la valorisation des bâtis en pierres sèches et a, entre autre, aménagé tout un domaine de garrigue. Les capitelles, cabanes de pierres, sont très présentes dans le secteur des garrigues nîmoises.

Dans deux mois, date à confirmer, nous réaliserons une manifestation dans leur domaine avec une cuisson d’une meule charbonnière. René animera son célèbre atelier feu.

Rendez vous à la salle Georges Dayan pour la première partie.

En ce début d’année, une visite agréable dans une superbe forêt du Trièves et en bordure du Vercors. La petite commune de St Guillaume peut s’enorgueillir de posséder un intéressant site de fours à charbonner. 4 fours métalliques, du type Magnien, avec deux étages (viroles) démontables, ont été déposés à flanc de montagne sur un replat. L’un d’eux à fonctionné en 2010 pour une démonstration souvenir de l’utilisation de ces fours en 1940 lors de chantier de jeunesse. Des bénévoles du village sur les conseils d’un charbonnier ardéchois (cf. http://www.altimara.eu/blog/?p=2462) ont retrouvés les gestes des jeunes charbonniers de la guerre. Depuis le site est interprété par deux grands panneaux qui donnent des explications de cette activité dans ce lieu.

Je serai ravi de participer à un nouveau fonctionnement de ce four.

Régulièrement l’équipe de la section patrimoine se retrouve dans le site des charbonnières pour diverses activités. Ce jour là nous étions en plein débroussaillement quand un grand groupe associatif en balade est arrivé. L’occasion d’échanger, de présenter les site et le « monde » des charbonniers. Ce genre de rencontre est toujours très plaisant et nous serions ravis d’être sollicités pour accueillir encore plus de visiteurs.

Entretien du site

Rencontre avec une association de Lunel

Photo Stanislas

Fin de partie…le réconfort

Photo René

La cuisson en meule semble apparaitre dans nos contrées au Moyen-Âge. Cette technique se serait développée dans les territoires du nord d’où son nom : la meule suédoise. Depuis l’antiquité et peut être même avant, la production du charbon en zone sud se réalisait en fosse, c’est à dire en creusant un trou dans le sol; trou carré ou plutôt rectangulaire, voire un simple creux concave de faible profondeur. De récentes fouilles de sites antiques donnent un peu plus de précisions de ces activités dans ces temps là. Jusqu’à récemment les archéologues n’avaient eu que peu d’intérêt pour ces charbonnières. Un colloque en 2013 a réuni un grand nombre de scientifiques spécialistes du charbonnage du bois. L’intérêt pour cet artisanat, du point de vue historique, est maintenant bien réel.

Confronter le savoir et le savoir faire est primordial pour avoir une réelle connaissance de cette pratique. Aussi j’ai réalisé une cuisson à la fosse lors de mon séjour à la fête de la charbonnière chez mon ami Jean en Ardèche.

De petites dimensions, 2 m de long et 0,50 m de profondeur, le creux a été facile à remplir de bois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis j’ai recouvert l’ensemble de ramille de buis et de terre

La cuisson a duré 2 jours, malheureusement fortement perturbée par une grosse pluie

J’avais creusé trois « cheminées-sorties » : 2 de part et d’autre et une à l’extrémité. L’allumage a été assez laborieux à cause du manque d’énergie que la faible quantité de bois ne permettait pas de fournir. Le « feu » s’est ensuite bien déplacé le long de la fosse.

La quantité de charbon a été assez faible, pas assez de matière à carboniser, un manque d’inertie thermique et une grosse pluie qui a limité sa diffusion.

Le système a bien fonctionné, le procédé est bon, je renouvellerai l’expérience en 2019 avec une fosse plus importante et donc plus de bois.

A lire: Charbonnage, charbonniers, charbonnières, Confluence de regards autour d’un artisanat méconnu. S. Paradis-Grenouillet, S. Burri, R. Rouaud. Presse Universitaire de Provence. 2018.

Mon ami et complice des animations, René, l’homme du feu, a chez lui une belle assiette décorée. En effet le dessin représente le montage d’une meule charbonnière. Que ce doit être plaisant de manger dans une telle assiette…

René a des origines du Morvan. Là-bas la forêt est plus importante que dans nos garrigues. Le dessin montre des arbres de futaie et non des mattes comme il y en a ici.

Toujours aussi sympathique cette manifestation dans la scierie de Campredon (Commune de Ferrals-les-Montagnes). Nous nous sommes retrouvés entre passionnés du bois et de son utilisation. Puis le public a défilé pendant ces deux jours.

J’ai réalisé une cuisson de meule charbonnière avec une première pour moi, la carbonisation de cyprès… Le bois était sec, en buches de diamètre de 10 cm. Avec un volume faible mais suffisant pour les deux jours de démonstration. Bien que anhydre ce bois génère une fumée très dense, au grand plaisir des autres exposants, avec une forte odeur. L’allumage a été rapide et j’ai pu mesurer la température, 540°, au bout de seulement une demi heure.

Pendant ces deux jours, j’ai eu le plaisir d’échanger avec des personnes fort intéressées. En autre un ancien berger qui, du coup, va essayer de carboniser un tas de branches de Douglas. Mais aussi une dame, grand mère, qui veut montrer à ces petits enfants comment cela se pratique. Elle a pris tous les renseignements et photos possibles. Va t’elle réussir sa meule? Je lui souhaite. Et ainsi de suite avec aussi un grand intérêt par l’écochar et les briquettes de charbon végétal.

Dimanche en fin d’après midi, je sentais que la cuisson avait bien fonctionné et j’ai décidé alors de démonter la meule pour le plus grand plaisir des participants. Une belle réussite, seule les parties basses des buches au contact de la terre n’ont pas totalement carbonisées comme d’habitude. Le reste est superbe, avec une teinte noire bleutée, très brillante du à l’arrosage pour éteindre les braises.

En duo, Martine la sorcière a animé un bel atelier de fabrication de balais en genêt.. à balais. Un savoir faire qui donne de beaux résultats que sont ces balais, super efficaces sur des surfaces difficiles.

Beaucoup de plaisir par l’ambiance de la manifestation, des organisateurs adorables, j’aimerai que ce soit toujours comme ça dans toutes les manifestations.

Merci aux organisateurs et bénévoles de la Festa Del Bosc. Merci à Benjamin et Arnaud.

Les 14, 15 et 16 septembre, il y aura la fête du bois à Ferral-Les-Montagnes.

J’y réaliserai la cuisson d’une petite meule pour démonstration. Ce sera aussi l’occasion de faire fonctionner le four à charbon végétal.

Martine animera un atelier de fabrication de balais avec du genêt.

Cette festa est très animée et pleine de ressources. L’ambiance est conviviale, j’avais adoré la précédente édition (2016).

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la récolte du charbon issu de la cuisson de « Blanchette », la charbonnière du mois de mars, a donné une quantité satisfaisante. Après étouffement des braises, j’ai pu remplir de grosses poubelles et des sacs. Au total environ 15% du volume initial. J’ai laissé de nombreux restes pour créer un fraisil, mélange de terre et de charbon, pour une éventuelle future charbonnière.