Dans l’article du 21 décembre 2018 j’indiquais que j’avais posé une question* à un fabricant de produits cosmétiques… et j’ai eu une réponse.

Je m’interrogeais sur le fait que la charbon actif est par définition très absorbant, il est utilisé dans de nombreux filtres, alors comment se fait il qu’il n’absorbe pas les autres ingrédients qui lui sont associés (Menthe, Curcuma, etc)?

La réponse est simple, le charbon végétal utilisé a des micro-pores de l’ordre du nanomètre. Cette entreprise se fournit en charbon de noix de coco. Ceci dit quelque soit la nature du charbon, de bois ou végétal, une fois activé, ils doivent avoir à peut prêt tous les mêmes qualités d’absorption (à vérifier qd même..).

Par contre les molécules des ingrédients rajoutés sont d’une grosseur de l’ordre du micro-mètre. Différences de tailles, les molécules ne peuvent pas rentrer dans les micro-pores, CQFD. Cela parait crédible.

Pour ce qui est des produits que l’on avale, comme le pain au charbon** ou le sel noir, reste à savoir comment cela inter-agit avec les échanges intestinaux. Il est d’ailleurs recommandé de ne pas mélanger médicaments et charbon actif (ou activé), car dans ce cas là, les molécules des principes actifs peuvent être absorbés. La fonction anti ballonnement du charbon actif, qui est très efficace, prouve les capacités de ce produit.

Note1: l’entreprise ABIOCOM, qui est celle avec qui j’ai eu cet échange, ne fabriquent pas des produits cosmétiques mais elle élabore et distribue des produits naturels.  Au vu de sa gentille réponse je n’hésite pas à la nommer sans aucun effet de publicité.

Note 2: la désignation de « charbon végétal » n’indique pas le caractère actif du charbon mais son origine qui provient des sous produits végétaux, comme les noix de coco, les feuilles, les herbes, etc (Voir articles « écochar » publiés précédemment). Il existe aussi des charbon actif issus d’hydrocarbures. L’industrie en consomme beaucoup. .

*Question: cf.http://www.altimara.eu/blog/?cat=86

**Pain au charbon: http://www.altimara.eu/blog/?p=2486

Même CHARLIE HEBDO en parle….

À la demande des Ecolo de l’Euzière j’ai eu le plaisir de guider une sortie au sentier des charbonnières de Ste Croix de Quintillargues.

Un joli groupe d’une quinzaine de personnes, toutes très intéressées par le milieu garrigue. Nous avons parcouru l’ensemble du chemin balisé plus quelques passages supplémentaires que je connais.

Charbonnières, charbonniers, four à chaux et histoires de garrigues, la journée a été bien remplie.

Le grand four à chaux, une des vedettes du site

Un public intéressé et demandeur est toujours ce qui a de plus agréable a guider.

À la demande de Pauline, conservatrice de la Réserve Naturelle Régionale (RNR) du Gardon, qui dépend du Conservatoire d’espaces naturels / Languedoc Roussillon, j’ai dirigé un chantier de restauration d’une loge charbonnière dans les gorges du Gardon.

Cette rivière, le Gardon, est très connue par le célèbre Pont du Gard qui l’enjambe. En amont de ce bel ouvrage antique, la rivière le Gardon coule tranquillement dans les méandres de splendides gorges assez profondes. De l’eau, des grottes et de la garrigue, le lieu a été largement exploité par les hommes depuis fort longtemps et l’activité charbonnière est très présente.

Dans sa mission de valorisation du site, la RNR aménage un sentier de découverte au lieu dit « la Baume ». Dans le parcours il y a une plateforme charbonnière qu’il fallait valoriser, d’où ce petit chantier de réhabilitation.

La loge, sans vestige de cabane ce qui est rare, se situe dans la descente vers la rivière, juste en bordure d’un chemin qui pendant très longtemps a été un axe de passage via un gué d’une rive à l’autre.

Un emplacement un peu perdu dans la forêt…

Durant les deux jours du chantier, nous étions en équipe mixte avec des techniciens du Conseil Départemental 30, Pauline et moi.

Dans un premier temps il nous a fallut remonter le muret de soutènement extérieur et couper la broussaille. Puis nous avons mis en place un escalier avec de grosses pierres et enfin niveler l’aire de charbonnage. La chance a été de trouver sous une bonne épaisseur de colluvions, de la terre noire en partie organique mais aussi et en partie issue de poussières de charbon.

La faulde, aire de charbonnage, est plus grande que celles que l’on trouve habituellement dans nos garrigues. D’un diamètre d’environ 7 m, elle a pu supporter de grosses meules. Les arbres, dans cette partie un peu fraiche, poussent très bien et donne un plus grand volume de bois que dans les parties sèches.

Cyril du CD30 et enfant de la région, nous a indiqué qu’il existe un grand nombre d’anciennes charbonnières dans les combes basses qui débouchent dans les gorges. Une noria de barques permettait le transport du charbon et d’autres matériaux via la rivière.

Voilà le résultat avec le bel escalier au fond.

Il est toujours agréable de voir un endroit abandonné reprendre vie, et spécialement en garrigue où c’est quasi immédiat. C’est le genre d’intervention que j’apprécie fortement, agréable et dans un lieu superbe, plein de patrimoine vernaculaire. Nous avons formé une équipe efficace et sympathique, merci à toutes et tous.

Inauguration du sentier avec panneaux et livret explicatif cet été. Départ de la rando au village de Sanilhac-Sagriès (à proximité d’Uzés).

les gorges du Gardon

Le 24 janvier à 18h30, j’aurai le plaisir de parler des charbonnières à l’invitation de l’association Pierre sèche et Garrigue Caveirac. Mon ami René interviendra aussi pour les techniques d’allumage du feu.

Caveirac est une petite commune du Gard, entre Sommières et Nîmes. L’association est très active dans la valorisation des bâtis en pierres sèches et a, entre autre, aménagé tout un domaine de garrigue. Les capitelles, cabanes de pierres, sont très présentes dans le secteur des garrigues nîmoises.

Dans deux mois, date à confirmer, nous réaliserons une manifestation dans leur domaine avec une cuisson d’une meule charbonnière. René animera son célèbre atelier feu.

Rendez vous à la salle Georges Dayan pour la première partie.

En ce début d’année, une visite agréable dans une superbe forêt du Trièves et en bordure du Vercors. La petite commune de St Guillaume peut s’enorgueillir de posséder un intéressant site de fours à charbonner. 4 fours métalliques, du type Magnien, avec deux étages (viroles) démontables, ont été déposés à flanc de montagne sur un replat. L’un d’eux à fonctionné en 2010 pour une démonstration souvenir de l’utilisation de ces fours en 1940 lors de chantier de jeunesse. Des bénévoles du village sur les conseils d’un charbonnier ardéchois (cf. http://www.altimara.eu/blog/?p=2462) ont retrouvés les gestes des jeunes charbonniers de la guerre. Depuis le site est interprété par deux grands panneaux qui donnent des explications de cette activité dans ce lieu.

Je serai ravi de participer à un nouveau fonctionnement de ce four.

Une certaine mode envahit le monde parfumé des cosmétiques. Du charbon dans tous les produits, gélules, crèmes et autres onguents. J’ai acheté un dentifrice qui sent bon la menthe et qui est noir. Il est écrit sur la boite que ce produit noir me rendra les dents plus blanches. Le ying et le yang.

Pour compléter ma panoplie, j’ai aussi acheté, en pharmacie, une belle brosse à dent toute noire. Elle aussi est au charbon.

Charbon? actif, activé, voire super activé ou végétal, le charbon ne broie plus du noir tellement il est demandé.

Le principe physique du charbon actif est l’absorption des gaz. Sa principale utilisation a été dans les masques à gaz au cours des guerres mondiales. On le trouve aujourd’hui dans tout autre type de filtre ( hotte de cuisine, etc …). Une petite gélule de Belloc avalée avec un grand verre d’eau est de loin le remède le plus efficace pour supprimer tous les gaz non conviviaux qui encombrent parfois nos intestins.

Pourquoi ça? Lors de la carbonisation, le complexe bois se transforme en carbone. La structure interne reste telle quelle, c’est à dire avec tous les vaisseaux qui parcourent le duramen et l’aubier. Mais des poussières obstruent ses tuyaux. Par une nouvelle sur-carbonisation, entre 600° et 1000°, avec de l’eau ou d’autres produits, ces poussières sont éliminées. L’espace libéré est phénoménal, 1 cm3 de charbon actif à la même surface qu’un terrain de foot. D’où la grande capacité d’absorption de ce charbon.

Le charbon végétal, dit aussi biochar, agrichar est issu de végétaux non ligneux (le bois) comme les herbes, les feuilles voir les écorces. Moins carboné que le charbon de bois, il peut contenir jusqu’à 80% de carbone. C’est ce que nous pratiquons au sein de nos associations, ALTIMARA et COOPDEA, avec les briquettes d’écochar pour les pays en voie de développement.

Le charbon végétal est donc aujourd’hui utilisé « activé » comme le charbon actif. Cela permet certainement de réduire les coûts des matières premières ainsi que les transformations car il est plus facile à réduire en poudre.

Reste un souci dont j’attends la réponse. J’ai posé la question à l’un des fabricant de ces produits. Comment ces complexes qui mélangent du charbon activé et des molécules autres (Myrtille, curcuma, etc) peuvent à la fois absorber et diffuser, cela me semble incompatible. Nous le comprendrons quand j’aurai la réponse.

En attendant, la magie du charbon continue de s’exercer et tous ces produits peuvent être de petits cadeaux de Noël originaux.

Joyeux Noel

tout blanc

tout noir !

Mon petit cadeau est la mise en ligne de mon autre passion l’Islande: http://ile-denfer.eu/

Régulièrement l’équipe de la section patrimoine se retrouve dans le site des charbonnières pour diverses activités. Ce jour là nous étions en plein débroussaillement quand un grand groupe associatif en balade est arrivé. L’occasion d’échanger, de présenter les site et le « monde » des charbonniers. Ce genre de rencontre est toujours très plaisant et nous serions ravis d’être sollicités pour accueillir encore plus de visiteurs.

Entretien du site

Rencontre avec une association de Lunel

Photo Stanislas

Fin de partie…le réconfort

Photo René

La cuisson en meule semble apparaitre dans nos contrées au Moyen-Âge. Cette technique se serait développée dans les territoires du nord d’où son nom : la meule suédoise. Depuis l’antiquité et peut être même avant, la production du charbon en zone sud se réalisait en fosse, c’est à dire en creusant un trou dans le sol; trou carré ou plutôt rectangulaire, voire un simple creux concave de faible profondeur. De récentes fouilles de sites antiques donnent un peu plus de précisions de ces activités dans ces temps là. Jusqu’à récemment les archéologues n’avaient eu que peu d’intérêt pour ces charbonnières. Un colloque en 2013 a réuni un grand nombre de scientifiques spécialistes du charbonnage du bois. L’intérêt pour cet artisanat, du point de vue historique, est maintenant bien réel.

Confronter le savoir et le savoir faire est primordial pour avoir une réelle connaissance de cette pratique. Aussi j’ai réalisé une cuisson à la fosse lors de mon séjour à la fête de la charbonnière chez mon ami Jean en Ardèche.

De petites dimensions, 2 m de long et 0,50 m de profondeur, le creux a été facile à remplir de bois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis j’ai recouvert l’ensemble de ramille de buis et de terre

La cuisson a duré 2 jours, malheureusement fortement perturbée par une grosse pluie

J’avais creusé trois « cheminées-sorties » : 2 de part et d’autre et une à l’extrémité. L’allumage a été assez laborieux à cause du manque d’énergie que la faible quantité de bois ne permettait pas de fournir. Le « feu » s’est ensuite bien déplacé le long de la fosse.

La quantité de charbon a été assez faible, pas assez de matière à carboniser, un manque d’inertie thermique et une grosse pluie qui a limité sa diffusion.

Le système a bien fonctionné, le procédé est bon, je renouvellerai l’expérience en 2019 avec une fosse plus importante et donc plus de bois.

A lire: Charbonnage, charbonniers, charbonnières, Confluence de regards autour d’un artisanat méconnu. S. Paradis-Grenouillet, S. Burri, R. Rouaud. Presse Universitaire de Provence. 2018.

Mon ami et complice des animations, René, l’homme du feu, a chez lui une belle assiette décorée. En effet le dessin représente le montage d’une meule charbonnière. Que ce doit être plaisant de manger dans une telle assiette…

René a des origines du Morvan. Là-bas la forêt est plus importante que dans nos garrigues. Le dessin montre des arbres de futaie et non des mattes comme il y en a ici.