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Extraits :

Bon, la charbonnerie c’est assez nouveau comme définition !!!

Article complet : https://leseclaireurs.canalplus.com/articles/agir/produire-du-charbon-vegetal-en-tondant-sa-pelouse

Cet article oublie de citer notre installation avec fours et séchoir au Jardin de Fontanès. Il permet de faire ressortir le besoin de ressources humaines, de bénévoles actifs, et financières pour développer ces projets.

Au jardin j’ai reçu un groupe d’étudiants, futurs exploitants agricoles, avec qui j’ai partagé la réalisation de cuissons aux fours pour fabriquer du biochar. L’utilisation du biochar intéresse de plus en plus les maraichers.

Discussion sur le biochar autour des fours.
Rangement des déchets végétaux avant cuisson.

Les cuissons ont repris au Jardin de Fontanès. Mais le four en terre a subit les assauts des grosses pluies de l’automne. Il a donc fallut que je reprenne les enduits extérieurs. Paille et terre.

Cuisson dans le four mobile, toujours aussi performant.
Comme dans les pubs : avant…
après ! Je vous conseille la lotion paille – terre MA.
charbon végétal, biochar
Paille carbonisée.
Des mangeurs de carottes dans le jardin, aïe aïe aïe ! Le lapin aux carottes c’est bon aussi !

Le charbon a mauvaise presse et c’est tout à fait justifié. L’utilisation des ressources fossiles provoque l’accélération du changement climatique et participe à son dérèglement.

Le charbon est multiple. Il peut être issu de terre, de bois, d’os, d’hydrocarbure, etc. Celui qui nous intéresse est d’origine végétale et à contrario du fossile, pétrole, asphalte, il est une énergie renouvelable. Les herbes, les arbres, les végétaux sont des êtres vivants, qui naissent, qui poussent et qui meurent. Cette biomasse, plus ou moins bien exploitée, nous donnent la possibilité de créer du charbon neutre, sans grand impact de notre environnement.

Le charbon dit végétal, est plutôt produit à partir de déchets verts, souvent sous valorisés, voire problématique quand il faut gérer l’accroissement des décharges de nos consommations exponentielles. La carbonisation génère des gaz. La plus grosse proportion est inflammable et utilisable soit pour maintenir la pyrolyse soit pour du biogaz.

Le biochar, charbon introduit dans les terres de cultures, est aussi une possibilité d’utilisation pertinente de ce carbone.

le charbon actif est indispensable pour tous les modes d’absorption en filtrage.

Regardons les études faites sur l’impact écologique de la carbonisation en meules (traditionnelles):

La transformation du bois en charbon de bois, impact écologique.

La montée en température du bois lors de la combustion, première phase du processus, donne des gaz inflammables. A partir de 280° ces gaz vont accélérer l’élévation de la chaleur, réaction exothermique, d’une centaine de degrés. La carbonisation est effective et seule le palier des 500° permet d’obtenir un charbon riche en carbone dans la norme européenne EN 1860-2 d’un minimum de 80%. Une cuisson bien menée en meule donnera un charbon à plus de 85%. En four, avec le recyclage des gaz et une température de plus de 700°, voir 1000°, le taux peut atteindre 90 % et +.

Dans le « Guide de la carbonisation « de Briane et Doat, édisud 1985, les différents éléments produits par la carbonisation sont les suivant:
1 T de bois sec ( 20% humidité sur brut ) donne :
– 310 kg de charbon de bois. Entre 25 et 30 % de la masse initiale.
– 280 kg d’eau. Beaucoup plus avec du bois vert qui est souvent le cas les charbonniers n’ont pas le temps d’attendre le séchage.
– Fraction condensable: acide ascétique 60 kg, méthanol 25 kg, etc.
190 kg de gaz : CO2 100 kg, CO 70 kg, H2 Hydrocarbures 20 kg.

L’association européenne des charbonniers EKV, dans une étude récente fournis les chiffres suivant concernant les gaz :
Lors de la carbonisation du bois, les valeurs de gaz d’échappement suivantes ont été déterminées dans des tas de bois de hêtre et d’épicéa :

Hydrogène (H2) : de 1,4 % à 7,6
Azote (N2) : de 59,7 % à 66,2
Méthane (CH4) : de 1,7 % à 2,7
Oxygène (O2) : de 0,4 % à 3,5
Dioxyde de carbone (CO2) : de 20,6 % à 23,3
Monoxyde de carbone (CO) : de 2,9 % à 6,9

Études réalisées par le Dr. h. c. Otto Wienhaus de Tharandt, professeur de chimie végétale et d’écotoxicologie. Le bois étant une matière première renouvelable, la combustion est considérée contre « neutre en CO2 «  car ce gaz est intégré à la biomasse des forêts durables. La carbonisation libère moins de CO2 que la combustion car ce gaz est fermement lié au charbon.
Les meules grâce à leur couverture de terre, filtrent en grande partie les gaz de pyrolyse. Les gaz toxiques comme le monoxyde de carbone et la diffusion des goudrons sont limités. Les analyses ont démontré que les hydrocarbures BTEX (benzène, toluène, éthylbenzène, xylène) ne vont pas au delà de 10 m autour de la meule.

Allumage : de la vapeur d’eau essentiellement.

Belle semaine de charbonniers chez Jean. Cette année le bois était très sec malgré une météo un peu humide. La conduite de la carbonisation demande une attention plus soutenue car le bois sec accélère le processus. La veille est importante pour stabiliser la descente du feu. De plus le charbon semble plus friable.

Les forgerons métallurgistes ont œuvré, souvent tard !!, en effectuant des réductions de minerai de fer dans des bas fourneaux divers. Feu, flammes, cette création a un coté démoniaque bien sympathique et très attirant.

Merci à Jean et à toutes et tous, pour cette occasion magique de se retrouver malgré le contexte pesant des distanciations obligées.

Pré-cuisson de l’hématite

Une cuisson bien menée lors de la fête de la charbonnière chez mon ami Jean l’Ardéchois.

La terre était trempée suite à de gros orages mais facile a travailler. J’ai utilisé la même tranchée que l’année dernière. La profondeur étant limitée par une dalle de pierre, j’ai agrandi sur les cotés pour utiliser des bois de 70 cm.

Le foyer d’allumage et la cheminée de tirage sont directement creusés dans le sol et renforcés par des pierres.

Le bois bien aligné et posé sur des traverses pour la circulation de l’air est recouvert de buissage et terre.

Le feu a lutté un long moment contre l’humidité puis la carbonisation a démarré.

la conduite est assez limitée avec la fosse. Difficile d’intervenir comme sur une meule. Des évents ont favorisé quand même la progression.

De jour comme de nuit le processus est continu, la veille aussi !!!

En fin de cuisson, la différence de niveau montre le tassement important au fond de la fosse.

L’extinction une fois complète, j’ai pu caver, retirer le charbon, tout en regardant de près les différentes parties pour les comparer.

Le bois avait 8 mois de séchage, ce qui est trop car le charbon est plus friable qu’avec du bois vert. La conduite du feu est plus rapide et des cendres recouvrent quelques charbons.

Le résultat est satisfaisant, j’ai acquis l’expérience qu’il faut pour mener ce type de charbonnière. La pluie reste le principal problème qu’on peut résoudre soit en couvrant la fosse soit en cuisant dans un terrain légèrement en pente, expérience a pratiquer dès que possible.

Kevin, le maraicher BIO du Jardin de Fontanès, est très intéressé par l’ajout de biochar pour ses cultures. C’est dans ce jardin que nous avons installé nos fours gazogènes. Jusqu’à maintenant nous transformions notre charbon végétal en écochar, les galettes pour la cuisson. La production de biochar s’inscrit dans la même démarche car le produit à la base est identique.

J’ai moi aussi utilisé de la poudre de charbon cet été pour mes fleurs en terrasse avec un résultat qui va au delà de mes espérances. Deux graines de courges en ont profité pour se développer dans mes plantations extérieures.

Avec Kevin nous avons déterminé trois parcelles de 3 m2 chacune. Le mélange biochar est de 300 gr, 500 gr et 1 kg par m2. Kevin a passé le motoculteur pour mélanger. Ils vont planter des salades et nous aurons les résultats dans environ un mois.

biochar
1 kg – 500 gr – 300 gr
biochar

La production de charbon végétal reprendra fin octobre quand l’autorisation des feux sera de nouveau possible. En attendant le séchoir se remplit, en vu de produire de grandes quantités de charbon : végétal, biochar, écochar ou actif. L’hiver sera chaud !!

charbon vegetal

La vente en ligne sera très prochainement possible. Nous avons vendu la quasi totalité de notre stock d’écochar. Il reste quelques sacs pour de derniers barbecues.

Le site de notre ONG : https://coopdea.org/

Un conte impliquant un charbonnier et un roi, Henri IV. Cela se passe évidemment dans la sud-ouest, avé l’accent !

Le charbonnier de Capchicot

Le sud-ouest recèle un certain nombre de sites qui évoquent le souvenir du roi Henri IV. Parmi eux, se trouve le château de Capchicot, domaine du charbonnier.

Lorsqu’il séjournait dans la région, le jeune Henri de Navarre s’écartait peu de Nérac et de Casteljaloux où le retenait sa passion de la chasse.

Un jour, le roi s’étant égaré, vint, à la nuit tombante, frapper à la porte du charbonnier et demander l’hospitalité. Le charbonnier qui ne connaissait pas son hôte se méfiait tout de même de ce visiteur, mais il finit par lui faire manger du sanglier en lui recommandant bien de n’en parler à personne car le  » Grand Nez  » (c’est ainsi que l’on appelait familièrement le roi) était très jaloux de ses chasses réservées.

Le lendemain matin, en déjeunant, Henri remit la conversation sur les privilèges du roi. Le charbonnier se plaignait alors de ce qu’il trouvait encore plus dur : les droits d’entrée qu’il devait acquitter chaque fois qu’il apportait son charbon en ville, et l’inconnu lui prédit qu’il serait bientôt débarrassé de ce tribut.

Le charbonnier ayant manifesté le désir de voir le roi qu’il ne connaissait pas, le visiteur lui offrit de l’emmener jusqu’à Durance où le roi devait se rendre ce jour là. Le charbonnier accepta et tous deux partirent donc sur le même cheval, le charbonnier se serrant contre le Prince. Chemin faisant, Capchicot demanda :  » mais comment reconnaîtrais-je le roi ? C’est bien simple lui répondit Henri, tu verras, tout le monde se découvre devant lui, lui seul garde sa coiffure. « 

La foule était déjà compacte dans les murs de Durance lorsque le roi, avec son singulier page, arriva au milieu de la petite cour dans une explosion d’applaudissements.  » Et bien charbonnier lui dit-il avant de le faire descendre, tu le connais maintenant le roi ? Pér aquère luts répondit Capchicot sans s’émouvoir, es jou ou bous lou rey ? (Par cette lumière, c’est moi ou vous le roi?) et, revenant de sa surprise, le charbonnier lui rappela :  » Labets, oublides pas lou carboun!  » (Et bien, n’oubliez pas le charbon!)

Quelques jours plus tard, Henri IV reçut Capchicot au château de Nérac et lui accorda le privilège de pouvoir vendre son charbon exempt de tous droits. L’histoire dit même qu’il lui aurait octroyé la belle demeure de Capchicot, château que l’on peut encore admirer de nos jours.

Capchicot 47420 Allons

Merci à Agnès de nous faire découvrir cette histoire.

Visite de Hespa, atelier de teinture végétale près de la ville de Selfoss. Gudrun se passionne pour cette technique. Elle utilise des plantes locales comme le lichen, les lupins ou la rhubarbe et aussi des plus exotiques comme les cochenilles ou l’indigo. Une belle rencontre avec qui partager des affinités de savoir faire. Sa laine noire teintée avec des racines de raisin d’ours est exceptionnelle. Toutes ses laines sont superbes, on peut aussi les commander avec le site de « Triscote ».

Un fer à braise en exposition dans l’atelier.
https://www.icelandcolors.com

A Reykjavik nous avons visité une jolie expo avec des bois flottés.