J’ai la « chance » d’avoir chez moi l’atelier de fabrication de l’écochar, ce charbon reconstitué en galette. Ainsi je presse chaque après midi le mélange de liant et de déchets végétaux carbonisés. le stock se constitue petit à petit et aux beaux jours, après l’alerte si tout va mieux, nous pourrons nous retrouver autour de barbecues festifs.

A la sortie de l’hiver, la taille des haies et le nettoyage des jardins vont produire un grand volume de déchets végétaux. Le brulage de ces végétaux est aujourd’hui très réglementé et interdit dans la plupart des cas. Les périodes autorisées sont très courtes et totalement prohibées en été. La peur des incendies mais aussi la diffusion de particules fines dans l’atmosphère réduisent nos possibilités de ce débarrasser de ces déchets. Les stations de recyclage croulent sous les volumes et la transformation en compost ne suffit pas a absorber cette (bio)masse.

Faire pousser c’est aussi arracher et couper.

Notre activité de production de briquettes charbon « écochar » répond à cette problématique tout en valorisant ces restes sans valeurs.

Notre site expérimental de fabrication d’écochar dans les Jardins de Fontanès est opérationnel pour produire les briquettes. Nous l’améliorons en construisant un séchoir de grande capacité.

L’atelier de production avec une nouvelle presse.

ÉCOCHAR PIC-ST-LOUP, le charbon responsable !

J’ai eu le plaisir d’être invité par Philippe Bertrand, l’excellent animateur de l’émission « Carnets de Campagne » sur France Inter, le lundi 10 février 2020.

Nous avons partagé notre attrait commun du monde des charbonniers… Philippe a un ancêtre charbonnier et parler des projets « écochard » (voir ci-dessous) avec l’ONG COOPDEA.

Un moment très plaisant !

A réécouter ici: https://www.franceinter.fr/emissions/carnets-de-campagne/carnets-de-campagne-10-fevrier-2020

Cette émission me donne l’occasion de partager nos projets avec des auditeurs. Ces personnes ont aussi de beaux projets ou des réalisations en cours. J’espère que d’autres personnes prendront le temps d’échanger avec moi. Contact: altimara@altimara.eu

La production de briquettes de charbon, dites écochar, à partir de sous produits végétaux doit être considérée comme une alternative écologique.

Un charbon écolo

Notre action première a été de nous intéresser aux problématiques de l’accès à une énergie domestique pour les populations vulnérables qui utilisent quotidiennement du charbon de bois dans leurs cuisines. Cette utilisation à grande échelle génère un certain nombre de problèmes liés à la santé et à l’environnement. Charbon faiblement carbonisé, émettant un fort taux de goudrons qui se déposent sur la nourriture et qui sont inhalés. Les coupes de bois trop répétitives provoquent une déforestation même dans les mangroves.

Un charbon solidaire (Togo)

Le procédé en four à récupération des gaz, gazogène, optimise la carbonisation et garantie un taux de carbone élevé de l’ordre de 80% minimum.

L’utilisation des végétaux sans valeurs commerciales et quasi sans origine ligneuse (bois) permet d’accéder à une réserve de matière première pas ou peu exploitée.

Mais qu’en est il pour nos usages occidentaux où le charbon de bois est associé à un moment de détente autour d’un barbecue. La consommation de charbon de bois est de plusieurs centaine de tonnes/an. La France produit un tiers de sa consommation et importe le reste. L’origine des charbons de bois manque de clarté car ils transitent souvent par des intermédiaires. La lutte contre les coupes d’arbres en pays tropicaux est difficile. L’origine des bois utilisés et les conditions de travail, surtout celui des enfants, n’apparaissent pas clairement dans les déclarations des entreprises importatrices.

L’écochar, briquette de charbon végétal agglomérée, a donc sa place dans nos sociétés modernes. C’est pour ça que nous avons construit un site de carbonisation, dans un premier expérimental, et qu’un projet en cours d’un site plus élaboré va bientôt fonctionner dans la commune de Sainte Croix de Quintillargues.

Un charbon technologique et associatif

Avant de mettre en place une SCIC, société coopérative d’intérêt collectif, dans laquelle tout un chacun pourra participer, nous voulons renforcer notre association COOPDEA. Si la coopération internationale et régionale vous intéresse, bienvenue !

Contact COOPDEA https://coopdea.org/contact/

Écouter l’émission de Philippe Bertrand « Carnets de campagne » à 12:30, du 10 au 14 février ( j’ai pas la date exacte), j’ai eu le plaisir d’y être invité.

Voilà une BD originale, sans texte et très graphique et qui interpelle le charbonnier que je suis. C’est l’oeuvre d’un certain Max, catalan barcelonais, auteur de bandes dessinées. Sa BD m’a été offerte à Noel et elle ne me laisse pas indifférente.

D’abord le titre « Roi Charbon ». Serait il le Grand Chef des charbonniers, un Carbonari Grand maitre, non, c’est un petit bonhomme, mi humain, mi animal avec un grand nez-bec fort pointu.

Ce personnage résonne d’un vieux conte antique, une histoire écrite par un romain prestigieux, Pline l’ancien. Celle-ci raconte comment une jeune femme éprise d’un jeune homme qui va partir à la guerre, trace le contour de son ombre avec un morceau de charbon de bois.

L’éditeur parle d’un « flux hypnotique et ininterrompu ». Moi j’y vois la continuité des gravures de l’art pariétal mises en mouvement. Les bisons de Niaux, les lions de Chauvet, s’animent et racontent leurs histoires, ou peut être celles des dessinateurs de la préhistoire qui à la lueurs vacillantes de leurs feux devaient voir bouger les animaux sur les parois.

Max, maitrise avec brio le développement de cette histoire quasi sans texte, ce qui donne envie dès le début de la lecture d’aller jusqu’au bout.

ROI CHARBON, Max, 2019, éditeur RACKHAM

L’homme des glaces découvert dans les Alpes de l’Ötzal à la frontière entre l’Italie et l’Autriche vient de révéler des tatouages nombreux sur son corps.

Ötzi

Ses tatouages se retrouvent un peu de partout sur sa peau. Il semble que ces applications noires correspondent aux endroits où a été repéré des lésions d’arthrite. Il y a 61 petits groupes en parallèles et deux marques disposés en croix sur les lombaires, les genoux et des chevilles.

Ötzi est l’homme le plus ancien que l’on connaisse avec des tatouages et ces marques sont de la poudre de charbon de bois insérée sous la peau.

Cet homme est mort certainement suite à une blessure infligée par une flèche, en grimpant une montagne vers 3200 m d’altitude, peut être en fuyant devant ses agresseurs. Une blessure au couteau dans sa main démontre qu’Ötzi a eu a se défendre juste avant son décès.

Le charbon de bois, premier vecteur de réseau social avec les peintures rupestres et guérisseur dans une démarche chamanique.

Je vais bientôt fabriquer mon premier charbon actif, ce sera l’occasion de faire un article sur ce type de charbon de plus en plus présent dans les cosmétiques et la nourriture. De l’ancien prévoyons le futur.

Wikipédia

Visite à l’exceptionnelle exposition des œuvres de Léonard de Vinci au Louvre.

L’immense Léonard a dessiné ses fameux croquis de machines dans un style patte de mouche et même que ses écrit sont à l’envers en miroir.

Entre le magnifique tableau parfaitement restauré La Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne, (1502-1513) et le Saint Jean Baptiste (1513-1516), j’ai repéré deux dessins tracés au fusain (ou charbon de bois).

L‘Études de mains (1485-1492), mélange de charbon de bois, de pointe métallique et de rehauts de blanc, démontre la virtuosité de Léonard dans l’usage de cette technique.

Un peu plus loin le Portrait d’Isabelle d’Este (1499-1500), mélange de pointe métallique, de charbon de bois, de sanguine et d’ocre jaune. Le portrait d’une marquise en pleine discussion.

Et puis nous avons admiré les œuvres de Degas au musée d’Orsey. Quelques tableaux sont plus ou moins dessinés au fusain.

Deux danseuses au repos (1890-1895)
fusain et rehauts de pastel
étude de danseuse nue (1878-1879)
crayon à papier et fusain

Le charbon de bois, support des réseaux sociaux depuis la Grotte Chauvet aux plus grands génies de nos civilisations.

Balade au sentier des charbonnières avec un groupe « Espoir Hérault ». Cette association soutien la création de résidences accueil pour les personnes en situation de handicap psychique stabilisé.

Nous étions une quinzaine d’accompagnants et résidents. Le départ au terrain de boules du village de Sainte Croix de Quintillargues, s’est fait sous un beau soleil. J’ai commencé la visite par l’histoire de l’église fortifiée puis arrivé au mas du Greffier, nous avons découvert la garrigue.

La suite de la visite s’est déroulée dans cet ordre:
Introduction à la répartition des terrains en fonction de leurs usages, agriculture – parcourt brebis – bois,
notions de garrigues, milieu ouvert anthropisé; feux et surpâturage, plantes odorantes, piquantes et toxiques,
premier contact avec un vestige d’activité, un emplacement de four à chaux,
début du chemin en pente,
première charbonnière, reste de cabane,
deuxième charbonnière, four métallique de la seconde guerre mondiale,
troisième charbonnière avec cabane reconstituée,
pique nique face au Pic st Loup,

Merci à Nathan pour les photos


explication de la vie des charbonniers et techniques de carbonisation à la meule. Démonstration de carbonisation au tube à essai et dessin au fusain,
four à chaux expérimental reconstitué en entier et en attente de calcination,
four à chaux mis en valeur suite à sa fouille. Four creusé dans le rocher en partie. Explication du procédé de calcination,
retour avec arrêt à une lavogne,
gouter offert par l’association Espoir Hérault sur la place de l’église.

Encore une fois ce fut un véritable plaisir de guider un groupe dans ce sentier. Ces personnes en handicap ont été à l’écoute et surtout ravi de cette sortie. L’activité charbonnière est un excellent support dans ce contexte pour ces publics dont les participants trouvent là un sujet hors du commun qui les interpellent.

Je suis disponible pour continuer ces sorties – balades en handisport ou « handi-culture ».

Senteurs et Couleurs de la Garrigue à Montoulieu, une journée dense avec une forte présence de public. Les organisateurs avaient mis en place un bel ensemble d’exposants et d’animations.

J’avais construit deux charbonnières. Une en coupe pour montrer l’intérieur et surtout le montage autour du piquet central. Beaucoup de visiteurs ont apprécié cette vue qui révèle la structure interne de la meule.

Des gros bœufs Salers, tout noirs, imposants comme des Aurochs, tournaient devant moi. Une montgolfière montaient et descendait avec un jolie bruit de tuyères à feu. Les animations nombreuses battaient leur plein et la mienne n’a pas désemplie de la journée. « Qu’est ce que c’est? », « j’en ai vu de plus grosse!!! », « waouh c’est chouette! », « je ne connaissais pas du tout! », le monde charbonnier est un mélange de Ceux qui ont en vu dans leur jeunesse ou que le papa en a été, et Ceux qui n’en ont jamais entendu parlé. Ainsi j’ai pu discuté et échangé avec plein de personnes, curieuses, intéressées ou témoins d’un temps qui commence à s’oublier.

La meule en feu a eu un peu de mal a prendre le rythme de la carbonisation. Faut dire que les jours avant, la pluie avait détrempé l’ensemble. Mais une fois partie, elle a fait son effet et bien fonctionné. J’ai eu beaucoup de mal a l’arrêter le soir.

La meule en coupe, très bon support pour les explications, est vraiment intéressante pour ce genre de manifestation grand public. Le mystère de la meule recouverte de terre qui fume à coté, qui parfois n’est pas très compréhensible, se mue en la chose extraordinaire que c’est, un four à pyrolyse, tout est compris.

Une belle manifestation, merci aux organisateurs et j’espère à l’an prochain.